J'ai l'impression que la plupart des gens, lorsqu'ils entendent parler d'un bon endroit où bruncher, ne se demandent pas si on parle de cuisine turque. Eh bien le monde est rempli de surprises! Prenez par exemple le restaurant Su, situé sur Wellington à Verdun. Non seulement a-t-il la réputation d'offrir une délicieuse cuisine turque, mais il a commencé récemment à servir des brunchs.
En arrivant au Su, on ne peut que constater la simplicité du décor. Épuré et moderne, avec quelques assiettes décoratives sur les murs. C'est très joli, mais nous étions loin du décor "sur-chaleureux" des traditionnels restos offrant des déjeuners. Ce qui n'est pas une mauvaise chose.
Le menu brunch était assez simple et se résume à quelques plats aux oeufs, quelques pâtisseries, des confitures, un bol de yogourt... Mais je crois que le meilleur choix est le Petit déjeuner complet. Pour 20$ par personne, nous avons eu droit à un plat d'oeufs au choix, du pain maison, du fromage avec tomates et concombre, des olives, du "kaymak et miel", des noix, des confitures maison, le "borek du jour" et une tartinade de noisettes. Ouf!
Mais rassurez-vous, nous étions loin (dans tous les sens) du traditionnel repas de bûcheron. Les portions étaient raisonnables, ce qui faisait mon affaire vu la variété des plats posés entre Sandra et moi.
Comme plats aux oeufs, Sandra voulait une cassolette d'oeufs aux légumes, alors que je préférais les deux oeufs et sucuk (de la saucisse). Mon choix était relativement simple et l'huile de mes saucisses donnait du goût au reste du plat, heureusement.
Nous avons surtout été impressionnés par le reste des mets. Les confitures maison (dont une de griottes et une autre de coings) étaient délicieuses. La tartinade de noisettes aussi. Le fromage crémeux (accompagné de tomates et de concombre) était léger et onctueux. J'aurais volontiers repris un autre "borek", une pâtisserie faite de pâte feuilletée.
Nous avons passé notre repas à redemander de leur excellent pain pour être certains de ne pas perdre la moindre parcelle de confiture ou de tartinade. Mais notre plaisir (coupable dans le cas de Sandra) fut le kaymac. Imaginez une sorte de crème très épaisse baignant dans un délicieux miel. C'était paradisiaque. Et cochon. Avec ou sans pain.
Il va sans dire que nous avons tous deux été ravis de notre brunch au restaurant Su. Les prix sont peut-être un peu plus élevés que ce qu'on trouve normalement pour un déjeuner, mais la qualité des mets et le service très sympathique font en sorte que nous n'hésiterions pas une seconde à y retourner. J'ose même espérer que nous pourrons bientôt nous y rendre pour un souper. J'ai hâte!
Je vous mentionnais il y a quelques semaines que j'allais visiter un autre restaurant vietnamien situé tout près de La petite saigonnaise. Eh bien voici le résumé de notre visite. Nous sommes allés au Restaurant êm, situé sur la rue Victoria à Greenfield Park.
Le êm est en fait un ancien Lien qui a peu à peu adopté "êm" tout en laissant disparaître graduellement "Lien". Mais on trouve encore des traces de ce dernier un peu partout.
Le décor oscille entre la tradition et le kitsch. Les chaises en osier sont sans doute là pour évoquer un petit quelque chose de vietnamien. Le faux toit en bambou aussi. L'aquarium... en poussant un peu. Mais le faux feu de foyer dans un écran plat? Ça ne vient pas particulièrement me chercher.
En plus de la traditionnelle table d'hôte (avec sa soupe maison, rouleau impérial et poulet, crevettes ou boeuf grillé), le restaurant êm propose aussi quelques soupes, des nouilles croustillantes et des sautés.
Ayant choisi un plat de la table d'hôte, j'avais droit à une soupe aux légumes en entrée. Sandra a donc décidé de m'accompagner avec un rouleau végé "goi". Le bouillon de ma soupe m'a semblé un peu simple; je crois que j'aurais aimé quelque chose de plus savoureux. Sandra m'a dit que son rouleau lui paraissait bizarre. Je n'ai pas réussi à définir exactement ce qu'elle voulait dire, mais elle m'a aussi mentionné avoir trouvé un morceau "schwinge" (expression de sa famille) qui dénote un petit quelque chose de caoutchouteux qui nécessite d'être mâchouillé ou recraché. Elle n'était pas impressionnée.
Malheureusement, elle n'a pas été plus chanceuse avec sa soupe pho qui lui paraissait beaucoup trop salée. Elle a eu de la difficulté à la manger sans ajouter un peu de sauce "ultra piquante" (dixit notre serveur) pour atténuer le salé. Mon assiette était correcte, mais la viande, même si la cuisson était bonne, avait un étrange arrière-goût. Un désagréable arrière-goût? Non, je ne dirais pas ça. Mais un goût que je n'ai pas réussi à définir.
Je doute fortement que nous retournions au restaurant êm. Je crois que c'est principalement une question de goût. Ailleurs, j'ai déjà mangé des plats que je n'aimais pas et qui me paraissaient mal pensés ou mal exécutés. Dans le cas du êm, il s'agissait de recettes qui ne nous plaisaient tout simplement pas. Était-ce trop exotique? Peut-être, mais j'en doute. Il s'agit surtout d'un restaurant qui n'est pas dans nos cordes, je crois.
Si vous avez remarqué le nombre assez élevé de textes publiés sur ce site, vous en êtes peut-être arrivé à la conclusion que nous n'avons pas besoin d'une occasion spéciale pour aller au restaurant. Si c'est le cas, vous avez raison. Prenez notre plus récente visite, par exemple. Sandra a décidé que nous allions au Méchant Boeuf parce que nous n'y étions jamais allés et qu'elle avait envie de quelque chose de nouveau.
Le temps de passer par OpenTable pour réserver et nous étions en route vers cet établissement de la rue Saint-Paul, dans le Vieux-Montréal. Le décor est peu surprenant. Si une certaine tendance semble se définir par rapport au décor des restaurants asiatiques, je crois qu'on peut affirmer la même chose à propos de ceux du Vieux-Montréal. On tente de mettre en valeur les murs de pierres avec beaucoup de bois et quelques lumières rouges.
Le menu du Méchant Boeuf propose un "Bar cru" avec des plats tels que l'assiette de fruits de mer, les huîtres et le sempiternel cocktail de crevettes. Le reste du menu est tout aussi classique: tartare de boeuf, de saumon ou de bison, steak, "burgers", pâtes et poisson.
Côté service, c'était plutôt sympathique. Le personnel aimait blaguer et prenait le temps de répondre à nos questions. Par contre, j'ai eu l'impression une bonne partie du repas qu'un certain manque d'organisation régnait ce soir-là. L'attente a parfois été un peu longue et quelques employés sont venus nous voir pour nous poser les mêmes questions.
Sandra n'étant pas toujours très friande de fruits de mer, nous avons préféré commencer par une trempette aux épinards et artichauts. Pour une raison qui m'échappe encore, nous n'avons pas du tout eu la même impression de cette entrée. Sandra l'a aimée, surtout à cause de son petit côté piquant. J'ai plutôt pensé que la trempette était fade et ennuyante.
Sandra a ensuite choisi un hambourgeois "slider" comme plat principal (avec bocconcini, portobello, tomates, roquette et une émulsion de glace de viande) accompagné d'une poutine de Charlevoix au porc braisé. Ici encore, elle a apprécié son choix. Et malgré l'allure peu appétissante de la poutine, je dois admettre qu'elle était plutôt bonne. J'ai particulièrement aimé les savoureux (et gros!) morceaux de fromage.
Pour ma part, j'ai pris une assiette de côtes levées (braisées au sirop d'érable et Jack Daniel's) avec frites. La viande était bien cuite et tendre. J'avais aussi droit à une sauce B.B.Q. un peu vinaigrée qui se mêlait bien à celle qui se trouvait déjà abondamment sur les ribs. Les frites étaient bien, mais pas particulièrement remarquables.
Le Méchant Boeuf me fait un peu penser à un Bâton Rouge qui aurait réussi à maintenir le niveau de qualité qui existait il y a une quinzaine d'années. Ce n'est pas une cuisine exceptionnelle, mais la nourriture est savoureuse et les portions généreuses. Y retournerons-nous? Probablement, si nous avons le goût d'une sortie avec des amis.
Rythme de vie accéléré oblige, il est rare que Sandra et moi allions au restaurant après 21h. Mais cette fois-ci, nous avions envie de profiter pleinement de notre soirée et nous espérions tous deux ne pas nous endormir après le spectacle au Club Soda. Heureusement, Daniel Lavoie a su énergiser la salle et c'est pleins d'entrain que nous nous sommes rendu au Moishes.
Nous sommes arrivés à cette institution du boulevard Saint-Laurent vers 23h. Le Moishes est si populaire que même à cette heure l'hôtesse n'était pas certaine de pouvoir nous trouver une place. Heureusement, il en restait une. En m'assoyant, j'ai été surpris de constater à quel point la salle à manger était pleine: des amis, des couples, des familles avec de jeunes enfants… Le niveau de bruit était élevé, mais c'était endurable. Rien de comparable à un resto qui enterre toute possibilité de conversation avec de la musique rythmée.
La salle à manger m'a paru chaleureuse avec ses murs de briques ornés de bois et de quelques grosses photographies. Les chandeliers et les chaises en cuir contribuaient aussi à donner à l'endroit un certain style qui doit être particulièrement apprécié des habitués.
Le Moishes fait partie de ces restaurants qui ont l'excellente idée d'offrir un menu à prix réduit après 22h. Pour 25$, nous avions droit à une entrée et à un plat principal. Sandra a opté pour une salade en entrée alors que j'ai préféré le tartare de saumon. Et puisqu'on ne se rend généralement pas au Moishes pour ne manger qu'une salade, Sandra a décidé de satisfaire ses envies de carnivore en commandant un "rib steak" et une pomme de terre au four. Pour ma part, le burger Kobe avec pleurotes et frites me semblait plus intéressant.
Notre serveur était poli, mais un peu froid. Puisqu'il s'agissait de notre première visite, j'ignore si c'est le "style" de la maison ou si c'est lui qui a décidé d'être distant, mais un petit sourire n'aurait pas fait de mal. Quoi qu'il en soit, il a eu la gentillesse de nous apporter de la salade de chou, des cornichons et du pain. La salade était très bien. Je ne raffole pas des cornichons, mais Sandra m'a dit qu'ils étaient délicieux.
Mon entrée de tartare était bien. Le saumon me semblait de qualité, mais j'aurais aimé qu'il soit un peu plus relevé. La salade de Sandra était aussi très correcte. Dans les deux cas, les plats étaient sans surprises.
Le rib steak a beaucoup plus plu à Sandra. Il était très tendre et avait un goût de grill qui lui a enfin permis d'assouvir cette envie de manger "un bon steak". La pomme de terre qui l'accompagnait était bonne et bien cuite.
Mon hambourgeois Kobé était délicieux. La viande était bien cuite et juteuse. Avec les pleurotes, le tout était particulièrement savoureux. Il est rare que je sois impressionné par un hamburger, mais à mon avis celui de Moishes vaut le détour. Les frites étaient un bon accompagnement, mais nettement moins marquantes.
J'aurais tant aimé essayer un des morceaux de gâteaux qui passaient près de moi tout le long du repas, atterrissant sur une des nombreuses tables où l'on fêtait quelqu'un. Mais à minuit, après un copieux repas, je ne vois pas comment j'aurais pu le manger. Même en le séparant avec Sandra. Une autre fois, j'espère.
J'ai longtemps entendu parler de Moishes pour la qualité de ses steaks et je crois comprendre pourquoi. Beaucoup de restaurants en vendent mais peu savent si bien les préparer. J'espère avoir la chance d'y retourner bientôt, il y a tant de plats que j'aimerais essayer.
Le Bevo est un de ces étranges restaurants situés dans le Vieux-Montréal qui ne sont pas ouverts le midi. J'imagine que le propriétaire considère que la clientèle n'est pas au rendez-vous à cette heure. Mais pour quelqu'un comme moi qui cherche des endroits intéressants où dîner avec ses collègues, je trouve cette situation bien regrettable.
Occupant la place de l'ancien Galiano et appartenant au même propriétaire, le Bevo a le précieux avantage d'occuper un très joli local. Le soir, le reflet des néons rouges (près du bar) sur les vieilles pierres contribue à créer une atmosphère semi-chaleureuse et semi-branchée. Puisqu'ils sont ouverts assez tard le soir, je peux facilement imaginer qu'une clientèle un peu plus jeune et un peu plus branchée puisse apprécier un tel endroit.
Le menu du Bevo propose en entrée des polpettes, une salade de fruits de mer, des arancini et autres classiques. Mais certains plats sont plus originaux, tels que les asperges grillées avec pecorino et l'assiette de burrata (un fromage crémeux italien). Les plats principaux comptent des classiques tels que: linguine aux fruits de mer, pâtes farcies au ricotta, pizza aux anchois, pizza prosciutto et champignons, poutine au veau braisé, sandwich de boulettes de viande maison, etc.
Sandra s'est laissée tenter par une entrée de portobellos et asperges avec sauce au fromage suivie d'un paillard de veau. Les deux plats étaient bien préparés et lui ont généralement plu. Mais elle n'avait rien de particulier à mentionner à propos de ses plats. Je crois qu'elle s'attendait à quelque chose d'un peu mieux.
J'ai préféré choisir la pizza capriciosa, avec saucisse, champignons et oeufs cuits durs. Contrairement à Sandra je n'avais pas d'attentes. Dans l'ensemble, tout était correct. Sandra m'a dit qu'elle a particulièrement aimé la pâte. J'aurais apprécié un peu plus de contraste entre les garnitures. Les saveurs n'arrivaient pas à se distinguer les unes des autres. Peut-être le choix de saucisse serait-il à revoir?
Je n'hésiterais pas à retourner au Bevo si nous étions avec des amis et que nous cherchions un restaurant italien dans le Vieux-Montréal. Par contre, malgré des prix raisonnables, je ne crois pas que c'est le genre d'endroit où Sandra et moi retournerons lorsque nous cherchons une expérience gastronomique particulière. Nous marcherons sans doute jusqu'à un des autres restaurants italiens situés non loin de là.
Comme bien des centres commerciaux, le Mail Champlain avait son "deli". Je ne me souviens plus si il a toujours porté le nom de Deli 21, mais je sais qu'un restaurant de ce genre occupait cet endroit depuis des décennies. Je n'ai jamais eu l'occasion d'y manger, malgré le fait que ses gigantesques gâteaux m'interpellaient chaque fois que je passais près de son entrée.
Mon besoin de dessert de qualité moyenne devra trouver un autre endroit où se rassasier, car le Deli 21 n'est plus. À sa place se trouve maintenant un Breakfast Club qui, comme le nom l'indique, offre principalement des déjeuners. Fait étrange, un autre Breakfast Club est situé à deux minutes du Mail Champlain. À ce que je sache, ce sont les deux seuls au Québec.
Un peu comme à l'autre Breakfast Club, ce resto semble attirer une clientèle un peu plus... mature. J'imagine que l'ambiance n'est pas assez branchée pour les plus jeunes.
Côté décor, c'est assez moderne: des tables en bois et des chaises assez confortables, quelques téléviseurs sur les murs et quelques couleurs vives ici et là. Rien qui permettrait de le distinguer d'une multitude d'autres endroits qui apparaissent ces jours-ci. Fait à noter, lors de notre visite, les tables étaient définitivement trop proches les unes des autres. Émile, le père de Sandra, se déplace avec une marchette et il a dû prendre sa canne pour se rendre à notre table. Et même ceci relevait presque de l'exploit. Je plains quiconque aurait besoin d'un fauteuil roulant.
Le menu du Breakfast Club est typique des restaurants à déjeuner: des "Crêpes Bretonnes", des "Oeufs Bénédictines", des assiettes avec oeufs, bacon, "petites patates", etc. Et quelques variations sur ces plats qui permettent au resto de se distinguer un brin. Par exemple, Sandra a choisi une assiette de latkes (des galettes de pommes de terre) servie avec oeufs, bacon, saucisse et un peu de crème sure, naturellement. J'ai opté pour les Oeufs Bénédictines au bacon. À noter, ce restaurant n'offre pas que des déjeuners. Une seconde carte est offerte pour les clients qui préfèrent dîner ou souper.
Sans surprise, notre gentille (mais parfois distraite) serveuse nous a apporté nos assiettes assez rapidement. Côté présentation, c'était passable. Je trouvais que nos plats semblaient un peu dénudés. Mes oeufs étaient bons et la portion de bacon était adéquate. Même chose pour les latkes de Sandra. Mais elle et Émile ont mentionné que leur assiette n'était pas assez chaude.
Personne n'a été déçu de son repas au Breakfast Club. Tout comme l'autre resto portant le même nom, il offre des déjeuners simples, mais correctement préparés dont la qualité semble légèrement supérieure à ce qui se trouve chez d'autres restaurants du même genre. Y retournerons-nous? Possiblement, s'il n'y a plus de nouveaux endroits pour les déjeuners à essayer.